Facturation électronique du micro-entrepreneur : le calendrier et ce qu'il faut faire

Mis à jour le 28/10/2026

Ordinateur portable affichant une facture, téléphone et dossier de documents sur un bureau
Image d'illustration

La réforme de la facturation électronique touche toutes les entreprises assujetties à la TVA, micro-entreprises comprises, même celles qui ne facturent pas de TVA. Elle se fait en deux temps. Voici le calendrier officiel, ce qu'il faut faire, et dans quel ordre.

Le calendrier officiel

DateCe qui devient obligatoirePour qui
1er septembre 2026Recevoir ses factures fournisseurs au format électronique, par une plateforme agrééeToutes les entreprises, quelle que soit leur taille, micro-entreprises comprises
1er septembre 2026Émettre ses factures au format électronique et transmettre les données de transaction et de paiement (e-reporting)Grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire
1er septembre 2027Émettre ses factures au format électronique et transmettre les données de transaction et de paiement (e-reporting)PME, TPE et micro-entreprises

En pratique pour une micro-entreprise. Depuis le 1er septembre 2026, vous devez avoir choisi une plateforme agréée de réception, sinon vos fournisseurs ne trouvent pas votre adresse dans l'annuaire et leurs factures sont rejetées. Jusqu'au 31 août 2027, vous pouvez continuer à émettre vos factures comme aujourd'hui : un client ne peut pas vous imposer la facture électronique au titre de la loi avant cette date (guide pratique de la DGFiP, question 20).

Ce qu'est une facture électronique (et ce qu'elle n'est pas)

D'après l'article 289 bis du code général des impôts, rappelé par impots.gouv.fr, une facture électronique est émise, transmise et reçue sous forme dématérialisée, comporte un socle de données structurées, et passe par une plateforme agréée. Un PDF envoyé par mail n'est donc pas une facture électronique. La DGFiP compte 34 données transmises en format structuré.

Ce qu'il faut faire, étape par étape

  1. Choisir une plateforme agréée dans la liste officielle publiée par impots.gouv.fr (155 opérateurs immatriculés dans le fichier lu le 28/10/2026, et 11 autres en attente de leurs tests d'interopérabilité). Votre banque ou votre logiciel de facturation en est peut-être déjà une : voyez notre comparatif des solutions accessibles aux micro-entrepreneurs.
  2. Vérifier votre présence dans l'annuaire : c'est lui qui oriente les factures de vos fournisseurs vers votre plateforme. Sans plateforme choisie, votre adresse n'y figure pas et la facture de votre fournisseur est rejetée.
  3. Recevoir dès maintenant les factures de vos fournisseurs déjà obligés d'émettre (grandes entreprises et ETI).
  4. Préparer l'émission pour le 1er septembre 2027 : clients professionnels établis en France en facture électronique, ventes aux particuliers et clients étrangers en e-reporting. Vous pouvez commencer plus tôt, de façon volontaire et progressive.
  5. Mettre à jour vos factures avec les 4 nouvelles mentions ci-dessous.

Les mentions obligatoires d'une facture de micro-entrepreneur

Les mentions générales ne changent pas. Pour un entrepreneur individuel en franchise de TVA, service-public.fr (fiche vérifiée le 11/08/2026) liste notamment :

Les 4 nouvelles mentions, obligatoires pour les micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027 (elles le sont depuis le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI) :

  1. le numéro Siren du client, quand c'est une entreprise ;
  2. l'adresse de livraison des biens, si elle diffère de l'adresse du client ;
  3. la nature des opérations : livraisons de biens, prestations de services, ou les deux ;
  4. la mention « Option pour le paiement de la taxe d'après les débits », si vous avez choisi cette option.

Sanctions

Le guide pratique de la DGFiP rappelle que les textes prévoient une amende par facture non émise au format électronique (article 1737 du code général des impôts), des sanctions pour les données non transmises (article 1788 D) et, pour la réception, une mise en demeure avant sanction (article 1737 IV bis). Pendant la phase de démarrage, l'administration annonce une approche pédagogique, sans sanction immédiate ni automatique, mais pas pour les entreprises qui ignorent durablement l'obligation.

Pour savoir où vous en êtes de vos cotisations et de vos seuils, voyez aussi le simulateur de cotisations et le simulateur des seuils de TVA.

Sources, lues le 28/10/2026 :

Questions fréquentes

Je suis en franchise de TVA : suis-je concerné ?

Oui. La réforme vise tous les assujettis à la TVA, redevables ou non : un micro-entrepreneur en franchise en base est un assujetti non redevable. Il doit recevoir ses factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 et les émettre à partir du 1er septembre 2027 (impots.gouv.fr, question du 16/01/2026).

Une facture PDF envoyée par mail est-elle une facture électronique ?

Non. Une facture électronique contient des données structurées et passe par une plateforme agréée. Un PDF, même généré par un logiciel, envoyé par mail ne l'est pas.

Existe-t-il une plateforme gratuite de l'État ?

Non. L'État a choisi de ne pas créer de portail public unique de facturation : il gère l'annuaire et les normes, les factures passent par des plateformes agréées privées. D'après la DGFiP, au 1er août 2026, plus d'une dizaine des 150 plateformes agréées proposaient une offre gratuite ou sans surcoût.

Mes clients sont des particuliers : que dois-je faire ?

Pour les ventes aux particuliers, il n'y a pas de facture électronique à émettre, mais des données de transaction à transmettre à l'administration (e-reporting) par votre plateforme, à partir de votre date d'obligation.

Y aura-t-il des sanctions dès 2026 ?

La DGFiP annonce une approche pédagogique pendant la phase de démarrage, sans sanction immédiate ni automatique. Les textes prévoient pourtant des amendes (articles 1737 et 1788 D du code général des impôts), et pour la réception, une mise en demeure avant sanction.